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Samuel Skotarek, Président de l'Hospitalité Diocésaine de Cambrai
Président de l'Hospitalité diocésaine de Cambrai depuis Octobre 2024, Samuel Skotarek incarne un engagement au service des plus fragiles et de la fraternité.

Président de l'Hospitalité diocésaine de Cambrai depuis Octobre 2024, Samuel Skotarek incarne un engagement au service des plus fragiles et de la fraternité. Il coordonne et fédère une équipe de plus 300 hospitaliers et hospitalières sur le pèlerinage de Lourdes et Banneux. Il soutient celles et ceux qui se mettent au service des malades et personnes fragiles, faisant vivre, année après année, l'esprit d'accueil et du don de soi.

 

Peux-tu expliquer ce qu'est l'Hospitalité, sa mission et ton rôle en tant que président?

L’Hospitalité diocésaine de Cambrai accompagne des personnes malades et fragiles en pèlerinage, principalement à Lourdes et à Banneux, en lien étroit avec le service diocésain des pèlerinages.
Tout au long de l’année, ses membres restent également en contact avec les personnes accompagnées, parfois isolées ou hospitalisées.

 

L’association s’organise autour d’un président et d’un bureau composé de deux vice-présidents, d’un trésorier, de deux secrétaires et de cinq sections couvrant l’ensemble du diocèse, chacune avec ses responsables.
 

Qu'est ce qui t'a conduit personnellement à t'engager dans les pèlerinages à Lourdes? Pour sa première communion, notre fils Joseph nous a demandé comme cadeau de partir à Lourdes. Nous y sommes donc allés, avec l’idée de nous mettre au service, car Sylvie, mon épouse, nous avait beaucoup parlé de l’Hospitalité et de ce qu’elle y avait vécu. J’ai été profondément touché par l’esprit de fraternité qui se vit au sein de l’Hospitalité et à Lourdes. Dans ma foi, il s’est aussi passé quelque chose de particulier à ce moment-là que je ne pourrai pas vraiment expliquer. Cela ne peut se raconter par de simples mots : il faut le vivre pour le comprendre. C’est d’ailleurs là-bas que j’ai acheté mon premier chapelet.

 

Comment s'organise concrètement l'accompagnement des malades?

C’est là où se trouve tout le défi. Nous ne pouvons pas partir sans un service médical – médecins, infirmiers, aides-soignants – mais nous ne pouvons pas non plus partir sans les hospitaliers et hospitalières qui seront au service de nos frères et sœurs malades et fragiles.

Avant le pèlerinage, les responsables rencontrent les personnes que nous accompagnerons, parfois avec leur famille, ou avec la structure dans laquelle elles vivent. Un dossier est alors préparé et tout est pris en compte selon les besoins de la personne, que ce soit sur le plan médical ou dans l’organisation du séjour. Il ne faut rien oublier : tout ce dont la personne aura besoin pendant le pèlerinage doit être anticipé et prévu.

 

Quelles qualités faut-il pour devenir hospitalier ou hospitalière?

Tout le monde a des qualités et des talents, petits ou grands. Il faut rappeler que le service médical – médecins, infirmiers, aides-soignants – prend en charge tout ce qui relève de sa compétence.

Au-delà de cet aspect important, chacun peut trouver sa place. Toute personne qui a envie de donner de son temps et de son énergie est la bienvenue.

C’est vrai que l’hospitalier vit son pèlerinage à 200 %, parce qu’il vit à la fois son temps spirituel et le service et le partage auprès des autres.

Et puis il y a les moments de rencontre et d’échange avec les personnes que nous accompagnons : parfois des larmes, parfois des rires, des temps forts.

Faut-il avoir la foi pour s'y engager?

C’est aussi cela, le miracle de Lourdes. Pour certains, l’engagement commence par le service aux autres. D’autres arrivent déjà très ancrés dans la foi. Chacun a sa place.

Mais dans tous les cas, Lourdes ne laisse personne indifférent. Et ce qui me touche, c’est que beaucoup de personnes pleurent en repartant de Lourdes. À ce moment-là, on se dit qu’il s’est passé quelque chose.

Comment formez-vous les nouveaux hospitaliers?

La formation de l’hospitalier en elle-même se fait progressivement et surtout sur place... La première année est plutôt un temps d’observation et de découverte. Les nouveaux hospitaliers ou hospitalières sont accompagnés et guidés par un parrain ou une marraine qu’ils choisissent.

Il y a aussi une soirée particulière pendant laquelle nous accueillons les nouveaux hospitaliers et hospitalières. Tout se fait toujours dans le respect des possibilités des uns et des autres. Et je pense que l’on devient, un peu plus hospitalier ou hospitalière chaque jour de notre pèlerinage. Et chaque nouveau pèlerinage est une « nouvelle école de formation ».

Quels sont les temps forts du pèlerinage?

Chaque moment est un temps fort.

Le passage à la grotte est évidemment un moment symbolique, puisque c’est là que la Vierge Marie est apparue à Bernadette. C’est également à cet endroit que se trouve la source, là où Bernadette a gratté la terre et fait jaillir l’eau.

L’onction des malades est aussi un temps particulier, pendant lequel les malades vivent ce moment avec beaucoup d’espérance, que ce soit un réconfort intérieur ou, parfois, une guérison. La procession mariale est également un moment très beau et très fort. Le passage aux piscines est aussi un moment très émouvant.

Il y a aussi cette convivialité, la joie de se retrouver entre hospitaliers, ou même avec les personnes accompagnées, autour d’un verre, d’une glace, d’une crêpe…

Tous ces moments font partie du pèlerinage et en font un temps un peu particulier… un temps presque hors du temps.

Que représente Lourdes pour les fidèles aujourd'hui?

Je ne peux pas répondre à la place des uns et des autres. Mais, de ce que je vois, Lourdes représente avant tout un message d’espérance.

C’est un lieu d’espoir, et parfois aussi un lieu de guérison. C’est également un lieu de rassemblement mondial, et cela aussi n’est pas anodin. Quand on voit des personnes venues de partout, cela interpelle et cela montre combien ce lieu continue de toucher les cœurs.

Quels fruits constates-tu chez les hospitaliers au retour?

Je pense que beaucoup de choses se passent d’abord dans les cœurs. Et nous en percevons aussi les fruits à travers les témoignages qui nous sont donnés.

Ce que je constate également, c’est que les personnes sont souvent pressées d’arriver à Lourdes… mais beaucoup moins pressées d’en repartir. Sur le quai de la gare du retour, il y a souvent de très beaux moments de fraternité.

Dans le train du retour, on se repose, on dort un peu… mais on ressent aussi beaucoup de joie : celle d’avoir vécu ce pèlerinage, d’avoir accompli ce service.

Quel appel lances-tu à ceux qui hésitent à s'engager?

Je leur répondrais tout simplement : venez, et vous verrez.

Si cela vous interpelle, si vous en avez entendu parler, n’hésitez pas à prendre contact avec des hospitaliers que vous connaissez, ou avec votre paroisse.

Et qu’ils se rassurent : lorsque l’on vit son premier pèlerinage, on est accueilli et accompagné du début à la fin de ce temps de pèlerinage au sein de cette belle et grande famille qu’est l’Hospitalité.

As-tu un souvenir marquant vécu à Lourdes que tu acceptes de partager?

Le premier, est tout simplement de vivre ce pèlerinage avec ma femme et mon fils.
Quand nous sommes à Lourdes, nous ne nous voyons pas beaucoup, car chacun est pris dans son service. Mais nous savons que, malgré tout, nous vivons ce temps-là ensemble, et cela compte beaucoup.

Un autre moment marquant m’a également profondément touché. En tant que président, j’ai eu la chance, lors de la procession mariale, de monter les marches de la basilique Notre Dame du Rosaire,  où se termine la procession,  avec la bannière de l’Hospitalité.

En voyant toute cette foule devant moi, j’ai ressenti quelque chose de très fort. Je savais que c’était pour chacune et chacun d’eux que je m’étais engagé.

Article publié par Sylvie Skotarek • Publié le Dimanche 22 mars 2026 • 16 visites

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