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Portrait de Sylvie
Bien être... Ecrire ce mot bien-être de cette façon, bien être, est presque un résumé du message de Sylvie, membre de l'EAP

586634100_1431823085619482_3257682511447944402_n 586634100_1431823085619482_3257682511447944402_n  Qu’est-ce que le bien-être signifie pour toi ?

Le bien-être est aujourd’hui un mot très utilisé, parfois un peu galvaudé.
On le réduit souvent à des moments de détente, comme le spa. Ces instants ont leur place, bien sûr, mais ils ne représentent qu’une partie de ce qu’il peut être.

Pour moi, le bien-être ne relève ni du superficiel, ni d’un confort à tout prix.
Il s’agit avant tout d’un retour à soi, aux autres et au monde : un état dans lequel on se sent plus présent, plus aligné, plus vivant.

C’est prendre soin de ce corps et de cet esprit qui nous sont donnés, mais aussi de notre intériorité. C’est apprendre à vivre en cohérence avec ses valeurs, dans une vie qui ne nous propose pas toujours ce que l’on souhaiterait.

C’est également faire du lien avec le vivant : avec la nature, avec la création dans laquelle nous nous inscrivons. Dans ma lecture personnelle, c’est aussi reconnaître ce qui nous est donné, peut-être simplement avec une forme de gratitude.

Aujourd’hui, on sait que ces réalités sont concrètes.
Les liens entre respiration, stress, apaisement, motivation, ou encore certains mécanismes du corps et les schémas neuronaux -ainsi que les feedbacks corps-cerveau associés - sont mieux compris.

Le bien-être est aussi cela : quelque chose de réel, d’incarné et d’étudié.
Il ne se limite pas à un domaine de la vie. Il traverse notre manière d’être, de penser, de vivre et d’entrer en relation avec le monde.

Et au fond, il suffit presque de regarder les mots pour en saisir le sens : bien… être.

 

Comment es-tu entrée dans le domaine du bien-être ?

De base, ce n’était pas un domaine qui m’attirait.
Pour être honnête, c’était même quelque chose que je ne connaissais pas vraiment, et dont j’avais, comme beaucoup, une image assez galvaudée.

Suite à des soucis de santé, et à la proposition de certains référents médicaux, j’ai accepté de découvrir ces approches … un peu à reculons au départ.

Chemin faisant, elles m’ont profondément aidée.
J’ai réalisé avec le temps à quel point elles pouvaient accompagner, et surtout permettre de mieux se connaître : comprendre son fonctionnement, celui de son corps, de ses pensées, et gagner progressivement en autonomie.

Quelques années plus tard, j’ai choisi de m’y intéresser autrement : en me formant, en lisant, en explorant, mais aussi en m’intéressant à l’origine de ces pratiques.

Cette curiosité m’a ouverte à une compréhension plus large.

Aujourd’hui encore, je poursuis ce chemin d’apprentissage, dans une démarche vivante et en évolution permanente.

C’est aussi ce qui m’a donné envie de transmettre : faire connaitre ce bien être et le rendre accessible dans une démarche de qualité, ouverte à tous, sans distinction.

 

Quelles approches utilises-tu dans ton accompagnement ?

Chouette question ! parce qu’au fond, j’ai choisi de regarder le bien-être à travers la découverte de l’humain - en gardant comme fil conducteur qu’il s’inscrit uniquement dans un cadre d’accompagnement -.

Je me suis donc formée, volontairement, à différentes approches, avec cette curiosité de comprendre pourquoi ces pratiques existent et comment elles interagissent avec le corps, le mental, leur équilibre et la vie.

Mon parcours m’a amenée à explorer des pratiques corporelles et mentales - respiration (qui reste LA base essentielle), relâchement, mouvement, massage, automassage - mais aussi des approches comme la naturopathie, la psychologie positive, la méditation, le yoga, le travail autour des émotions, des pensées, la réflexologie, l’hypnose orientée bien-être, ainsi que certains apports issus de la connaissance de soi et  des repères issus des neurosciences appliquées à l’accompagnement…entre autres.

Je me suis également intéressée aux notions de management et aux enjeux sociétaux,
parce que l’humain évolue dans des contextes variés, et que tout cela participe à une compréhension globale.

 

À quoi ressemble une séance type avec toi ?

Ce que je propose, en atelier comme en accompagnement individuel, n’est jamais figé.

Il ne s’agit pas d’appliquer une méthode, mais d’ajuster en fonction de la personne, du groupe, des attentes, des besoins, et demande à être accueilli à un moment précis.

Tout cela se fait dans une forme de justesse. Je veille à rester neutre, avec beaucoup de pudeur et de bien-veillance .

Et, quelle que soit la situation, quel que soit le chemin sur lequel se trouve la personne,
il y a toujours, à un moment, un retour à la joie.

Pas une joie de surface, ni une joie naïve, mais une joie plus profonde. Une joie qui nous rappelle que, quoi que l’on traverse, la vie reste un cadeau. Une joie qui fait écho à cette énergie si particulière portée par Sœur Emmanuelle, qui est, pour moi, mon véritable exemple de joie vraie.

Et que l’on soit croyant ou non, chacun reconnaît, à un moment, cette force de vie,
dans ce fameux « Yalla ! » à la fois joyeux, confiant et profondément humain.

 

Qu’est-ce que les participants viennent chercher en général ?

Une écoute, d’abord. Une présence, une oreille attentive. Du souffle, de la sérénité aussi, une pause, loin du tumulte. Du lien, de la clarté, un espace sans jugement.

Mais également des choses simples : se souvenir comment prendre soin de soi,
ou prévenir, avec des approches accessibles au quotidien.

La gestion du stress et ses impacts sur la santé reviennent souvent, bien sûr,
ainsi que le besoin d’être accompagné dans des moments plus difficiles.

Mais ce n’est pas uniquement cela. Parfois, les personnes arrivent à un moment de leur vie
où quelque chose ne fonctionne plus comme avant.

Chacun vient avec son histoire, son vécu, et, en filigrane, ce besoin de se retrouver, de retrouver confiance en la vie et en soi.

 

Comment ta foi influence ta manière d’accompagner les autres ?

Je n’apprécie pas le terme “influencer”. Ma foi fait partie de qui je suis. Elle m’habite, elle me porte.

Je reste très attentive à ma place, au respect du chemin de chacun, qu’il soit croyant ou non ainsi qu’au principe de la laïcité, qui est un cadre commun dans notre pays.

Dans l’accompagnement, cela ne se traduit pas par des mots ou des discours,
mais plutôt par une manière d’être : une présence, une écoute, une attention portée à la personne là où elle en est.

Dans ma lecture personnelle, cela peut faire écho à cette invitation : Aimer son prochain comme soi-même. Et peut-être aussi à cette idée toute simple que prendre soin de soi, dans un sens large, en fait pleinement partie.

Je rencontre des personnes aux regards très différents du mien, et cela est précieux : je vis des instants extra-ordinaires que je ne changerais pour rien au monde.

Cela nourrit la rencontre et vient aussi éclairer ma propre manière de vivre ma foi.

 

Parles-tu explicitement de Dieu dans tes ateliers ou est-ce plus implicite ?

Je ne parle pas de Dieu dans mes ateliers.

Je respecte pleinement les cadres dans lesquels j’interviens, ainsi que le chemin de chacun, quel qu’il soit.

En même temps, les personnes savent qui je suis. Je ne me suis jamais cachée.
Elles me connaissent, ici, dans le village, à travers les rencontres, dans certains groupes, et, pour certaines, à travers les réseaux sociaux.

Beaucoup connaissent ma joie dans la foi, mon engagement au sein de l’Hospitalité diocésaine de Cambrai et de l’Église.

Et ce qui est assez touchant, c’est que ce sont souvent les personnes elles-mêmes
qui abordent ces sujets : elles parlent de Dieu, des anges, évoquent un geste, une bougie à un Saint…me demandent parfois de penser à elles à la grotte de Lourdes… Comme un petit clin d’œil, sans que j’aie besoin d’y amener quoi que ce soit.

Au fond, je crois que la manière d’être, ce que l’on rayonne, suffit - et va souvent au-delà des mots.

 

 

Est-ce que tu vois le bien-être comme un chemin spirituel ?

Le terme de spiritualité est bien plus large que le sens qu’on lui donne souvent.

En ce qui me concerne, je ne considère pas le bien-être comme un chemin spirituel à proprement parler.

Je le vois plutôt comme une manière de s’émerveiller, de prendre soin du corps, du mental, de l’intériorité, mais aussi de la vie et de la nature qui nous sont donnés.

C’est quelque chose de concret, d’incarné, qui participe à un équilibre, mais que je ne confonds pas avec une démarche spirituelle en tant que telle.

Même si j’ai conscience que tout est relié, je prends la distance nécessaire pour chaque chose, et je veille à garder cette clarté.

Par exemple, je pratique moi-même le yoga, mais cette pratique s’arrête là où elle doit s’arrêter.

Il est important, pour moi, de préserver ce discernement, et c’est aussi ce que j’invite à cultiver dans mes accompagnements : clarté, discernement, réflexion personnelle.

 

Pour toi, quelle est la différence entre paix intérieure et foi ?

Je ne suis pas certaine qu’il faille absolument chercher une différence en tout.

Pour moi, ces deux réalités peuvent exister ensemble, comme elles peuvent aussi exister séparément. Je reste très attentive à ne pas enfermer les choses dans une seule lecture.

Je vis au contact des personnes, du monde, et je constate combien les chemins sont différents,
et combien cette diversité est précieuse.

Certaines personnes peuvent éprouver une forme de paix intérieure sans référence à la foi, du moins telle que nous l’entendons.

D’autres vivent leur foi comme un chemin qui les conduit vers cette paix.

Je préfère donc ne pas opposer, mais accueillir ces réalités telles qu’elles se présentent,
dans le respect de chacun.

Au fond, ce qui compte pour moi, c’est cette justesse intérieure.

 

Qu’est-ce que la foi apporte que le développement personnel ne peut pas apporter seul ?

Le terme de “développement personnel” est une notion assez floue,
très largement utilisée et souvent sans que l’on en mesure réellement la portée.

La foi peut apporter une espérance, une confiance, une force intérieure, ainsi qu’un appui qui dépasse parfois ce que l’on peut comprendre ou maîtriser.

Mais je constate aussi que certaines personnes trouvent, dans d’autres démarches de découverte d’elles-mêmes, des ressources profondes en elles.

Alors je me dis que lorsqu’une personne accède à une forme de force intérieure,
quelle que soit la démarche - dès lors qu’elle reste respectueuse d’elle-même, de son corps,
des autres et de son environnement - il se passe forcément quelque chose.

Et dans ces chemins parfois différents, il m’arrive d’y voir, à titre très personnel,  comme un clin d’œil du divin, une manière, peut-être, de me rappeler simplement :« ne t’inquiète pas, je veille ».

Mais cela m’appartient. Je crois aussi qu’il est important de ne pas toujours vouloir tout expliquer, ni tout maîtriser, et de savoir accueillir les choses avec simplicité et confiance.

Est-ce qu’il y a un moment où ta foi a transformé ta manière de travailler ?

Je le vois plutôt comme quelque chose qui s’inscrit dans la continuité.

Depuis toujours, j’ai cette tendance naturelle à aller vers l’autre, à tendre la main.

Avec le temps, j’ai aussi appris à le faire en prenant la distance nécessaire.

C’est une manière d’être, de famille, qui m’habite depuis longtemps. Et peu à peu, sans doute aussi à travers la foi, cela a trouvé une forme de cohérence, une manière de s’ancrer plus profondément dans ce que je fais.

Je ne le vis pas comme une transformation, mais plutôt comme un fil déjà présent,
qui s’est simplement affirmé.

 

As-tu déjà été confrontée à des critiques ou des incompréhensions ?

Personnellement non, mais à travers ce que je peux lire ou entendre ici ou là, je perçois effectivement des critiques et des incompréhensions autour de ces approches.

Ce qui revient souvent, ce sont des amalgames. On associe parfois le bien-être à d’autres pratiques, ou l’on s’arrête à certaines dérives qui existent - car oui, elles existent comme dans d’autres domaines- en oubliant que cela ne représente pas l’ensemble.

Ce qui est dommage, c’est de voir ces critiques s’appuyer sur une méconnaissance.

On s’arrête souvent à une image superficielle, parfois “bling-bling” ou « bobo », sans aller voir ce qu’il y a derrière.

Le discernement consiste justement à ne pas tout mélanger.

Aujourd’hui, il existe de nombreuses études et littératures scientifiques confirmant les bienfaits et même des applications concrètes d’approches BE dans certains milieux hospitaliers ou structures d’accompagnement. Ce n’est pas anodin.

De la même manière, en élargissant le regard, je poursuis actuellement une étude autour de nos figures spirituelles chrétiennes.

J’y retrouve une attention particulière portée à ce qui nous est donné : au corps, à la vie, à la création elle-même.

Ces regards, différents mais complémentaires, m’amènent à considérer que prendre soin de soi, apprendre à s’aimer, dans une approche juste et respectueuse, peut aussi s’inscrire dans cette continuité, sans confusion des plans.

 

Quel message aimerais-tu transmettre aux personnes qui cherchent du sens aujourd’hui ?

Là aussi, la quête de sens est une notion dont on entend beaucoup parler.

Peut-être même un peu trop, parfois, comme si elle devenait une formule.
C’est pourtant quelque chose qui mérite une réflexion posée, et plus large.

Est-ce ma place de transmettre un message à ce sujet ? Je ne le pense pas.

Du moins, même si une réflexion personnelle se construit depuis quelques temps, elle demanderait sans doute davantage d’espace pour être formulée ici.

Ma place, dans ces quelques lignes, est là : accompagner, être présente, dans la simplicité de la rencontre et dans l’apprentissage de l’Humain.

Et finalement, je crois que la manière d’être pleinement soi, au monde et aux autres …est déjà une forme de message…porteur de sens.

 

De tout cœur

Sylvie

Propos recueillis par Emilie Fosseux

Article publié par emmanuel canart • Publié le Jeudi 21 mai 2026 - 08h35 • 16 visites

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